• Recommandations pour la compatibilité climatique des investissements

  • La voie vers la compatibilité climatique

     

    Les attentes de l'Alliance climatique à l'égard des caisses de pension

     

    Introduction

     

    Les caisses de pension sont responsables devant les autorités de surveillance ainsi que devant leurs assuré-e-s et les bénéficiaires de pension. Leurs activités sont soumises au devoir de diligence fiduciaire. La politique d'investissement – la stratégie, mise en œuvre et le processus d'investissement - doit être définie ; son exécution doit être contrôlée et documentée.

    Les caisses de pension doivent accomplir leur obligation légale. Elles doivent obtenir le meilleur rendement possible, tout en minimisant le risque de perte de valeur de leurs investissements.

     

    Les risques et opportunités ESG et climatiques sont déjà matériels: l’Alliance climatique justifie cette affirmationdans le chapitre suivant.

     

    Pour remplir leur mission, l'investissement ESG (Environmental, Social, Governance) accompagné d'un plan de décarbonisation est donc d'ores et déjà une nécessité.

     

    Une stratégie ESG et climatique avec un plan de décarbonisation permet aux institutions de continuer à investir dans le respect de la loi et de s'adapter aux nouvelles conditions cadres de leur obligation fiduciaire de diligence.

     

    L'avis juridique Niederer Kraft Frey (NKF) d'octobre 2018 indique que le devoir de diligence inclut également la prise en compte des risques et opportunités climatiques.

     

    En particulier, les éléments suivants de l'avis juridique NKF ont le potentiel d'influencer les dynamiques futures dans l'interprétation des obligations fiduciaires de diligence en rapport avec le changement climatique (citations) :

    • Le devoir de diligence des organes responsables resp. du gestionnaire de fortune d'une caisse de pension exige que les risques climatiques, conformément aux principes de gestion de fortune de l'art. 71 al. 1 LPP, soient pris en compte dans la gestion de la fortune d'une institution de prévoyance - ce qui inclut la définition de la stratégie de placement dans le règlement de placement ainsi que la sélection des différents placements et leur diversification - ainsi que tous les autres risques et opportunités de placement pertinents.
    • Une gestion de fortune diligente comprend également le contrôle de la stratégie de placement et des investissements effectués (voir l'art. 50, al. 1 OPP 2). Les décisions et stratégies d'investissement doivent donc être réexaminées et, si nécessaire, ajustées sur la base des données politiques et économiques les plus récentes, y compris l'évolution des risques d'investissement - dont les risques climatiques sont considérés comme faisant partie - qui peuvent résulter de changements réglementaires, de nouvelles normes industrielles et de nouvelles politiques.
    • Afin de respecter notamment l'obligation légale de sauvegarder à tout moment les obligations assumées (art. 65 al. 1 LPP) ou de vérifier périodiquement la conformité à moyen et long terme entre le placement des actifs et les obligations (art. 51a al. 2 lit. n LPP), il est alors indispensable de concevoir des processus internespour la détection, l'évaluation et la gestion des risques pertinents, y compris les risques climatiques. En effet, une gestion prudente des risques comprend un contrôle interne approprié (cf. art. 35 al. 1 OPP 2), qui garantit le traitement correct de l'investissement et de l'évaluation permanente de ses risques. 

    Par conséquent, les risques climatiques devraient être contrés par une gestion des risques via des mesures de réorganisation au niveau des portefeuilles. Une restructuration intelligente permet en même temps de saisir les opportunités de la transition verte (opportunités climatiques).

  • Les risques et les opportunités financiers liés au climat sont matériels

     

    Risques

     

    L'ASIP, l'association suisse des institutions de prévoyance, recommande dans ses directives de placement (juillet 2018, traduction de l’allemand) : « Les risques ESG et les risques climatiques … font partie des risques économiques et doivent être analysés en conséquence dans le cadre de la définition de la stratégie d'investissement ».

     

    Comme le montre un article paru dans la NZZ d'octobre 2018, le thème des risques climatiques et des possibilités de rendement des investissements respectueux du climat est également à l'ordre du jour de la Swiss Funds & Asset Management Association (SFAMA) : « La prise en compte des risques climatiques est plus qu'une simple tendance et doit être dûment abordée ».

     

    Au plus haut niveau mondial, les recommandations des UN Principles of Responsible Investment classent le changement climatique parmi les grandes priorités économiques : « Climate change is the highest priority ESG issue facing investors ».

     

    En ce qui concerne plus particulièrement les caisses de pension, l'association britannique des caisses de pension Pensions and Lifetime Savings Association (PLSA) confirme dans son Framework for Pension Fund Action on Climate Change (décembre 2017) que les risques climatiques ainsi que les possibilités de décarbonisation sont matériels, et ce à court terme. Elle y fait référence aux attentes de l'autorité de surveillance The Pensions Regulators (TPR) : « Guidance from TPR makes clear that pension fund governance bodies should consider the impact of climate change on their investments ». Selon les recommandations de la PLSA, la transition économique nécessaire à la protection du climat aura des répercussions importantes. Les effets négatifs ainsi que les opportunités sont pertinents tant pour les entreprises que pour les caisses de pension qui achètent leurs actions et leurs obligations : « New technologies will replace those that are incompatible with decarbonisation, while policies designed to reduce greenhouse gas emissions may make a number of companies’ existing business models unviable.» Enfin, la PLSA souligne la grande urgence de la prise en compte des risques climatiques : « Much of the research on climate change rightly highlights the major long-term economic impact of climate change. However, this should not be misunderstood to indicate that it is not an immediate priority for pension funds ». L'association britannique des caisses de pension aborde les chocs du marché qui pourraient frapper durement les institutions de prévoyance dont le portefeuille d'actions typique peut atteindre 40 % : on postule des pertes permanentes de plus de 25 % dans les 5 ans suivant l'événement.

     

    Opportunités

     

    Comme l'affirme l'association britannique des caisses de pension PLSA dans le Framework for Pension Fund Action on Climate Change susmentionné, la transition énergétique et climatique offre également des opportunités climatiques : «...there will be opportunities for companies involved with the development of renewable technologies and other products and services that enable lower emissions and more sustainable resource use ». La recommandation est la suivante : « Pension funds that are properly attuned to the economic impacts of climate change and related policy measures will be able to exploit these measures and generate better returns for their members.»

     

    Une étude de l'OFEV en arrive à la conclusion dès 2016 : huit des onze indices respectueux du climat présentaient un meilleur rapport risque/rendement que l'indice de référence correspondant. Le rendement a été même meilleur dans dix cas sur onze.

     

     

    Conclusion : le « Financial Case » pour l'ESG et le climat est évident

     

    Les risques financiers liés au climat sont matériels; ils doivent donc être pris en compte.

     

    La nature et la portée de l'impact sur le propre portefeuille doivent être évaluées. Sur la base de cette analyse, une stratégie ESG/climatique dotée d'un plan d'action doit être conçue.

     

    Les opportunités offertes par la transition énergétique et climatique doivent être soigneusement évaluées et saisies afin d'obtenir le meilleur rendement possible pondéré en fonction des risques.

     

     

    Mise en œuvre

     

    L'investissement ESG et la décarbonisation vont de pair. Si le rating de durabilité des entreprises répond aux meilleures normes de qualité, il englobe également le critère de l'intensité en CO2.

     

    Une diversification intelligente et pondérée dans une optique de durabilité, au lieu de l'approche traditionnelle consistant à suivre le Tracking Error par rapport aux indices de référence du marché permetterait de réduire les risques climatiques, d'augmenter les chances de rendement et de mieux aligner le portefeuille sur les UN-Sustainable Development Goals et sur l'accord de Paris. Étant donné qu'une part importante des entreprises n'opèrent pas de manière durable, l'univers d'investissement autorisé est réduit en conséquence.

     

    Une intégration ESG efficace dans le processus d'investissement se traduit par une amélioration de la performance ainsi qu'une plus grande durabilité et compatibilité climatique.

     

    Ce type d'intégration ESG peut être réalisé par une sélection individuelle active des entreprises et des États, ainsi que par la détermination de la pondération de leurs titres dans le portefeuille. Elle est basée sur les ratings ESG et les données sur le CO2 des fournisseurs de services (par exemple, l'approche « best-in-class »). Dans le cas d'investissements passifs, cela peut être mis en œuvre en traçant un indice ESG suffisamment ambitieux. Des formes mixtes de ces approches sont également appropriées.

     

    L'étude des équivalents durables des indices mondiaux MSCI ACWI (All Countries World Indices) montre, par exemple, que l'ESG et la comptabilité climatique sont propices aux rendements. Si la sélection est suffisamment poussée, ils obtiennent de meilleurs résultats que l'indice conventionnel du marché mondial :

     

    ● L'indice MSCI ACWI ESG Universal réduit l'univers d'investissement d'un total d'environ 2800 entreprises de seulement 100 « sin stocks ». La performance n'est pas sensiblement meilleure que celle du marché : ici. Une intervention durable doit donc aller au-delà de la simple exclusion des quelques entreprises particulièrement controversées - dans cet indice « ACWI ESG Universal » , il s'agit en particulier des producteurs de bombes à sous-munitions et de mines terrestres.

     

    ● Le MSCI ACWI Climate Change porte sur les entreprises dont le modèle économique est remis en question par le réchauffement climatique. Elles sont sous-pondérées en fonction de leur exposition climatique ; les acteurs de la transition énergétique sont surpondérés. La performance est meilleure que le marché : ici

     

    ● L'indice MSCI ACWI ESG Leaders utilise une approche « Best-in-class » pour réduire l'univers d'investissement d'un total d'environ 2800 à un peu plus de 1200 entreprises. L'énergie nucléaire, toutes les armes, le tabac et autres sont exclus ; les entreprises restantes sont retenues ou exclues de l'univers investissable en fonction de leur rating ESG - qui est par ailleurs largement corrélé au rating CO2. Grâce à cet indice ESG Leaders, la caisse de pension du canton de Lucerne LUPK a réussi à réduire de 30 % son intensité en CO2 par rapport à la moyenne du marché mondial. La performance est meilleure que le marché : ici. En fait, la motivation de la LUPK est également justifiée sur le plan financier : son approche « n'est pas seulement basée sur des principes nobles, elle doit avant tout assurer les pensions des générations futures » et « rien que pour les considérations de risque, il est donc logique d'intégrer des critères de durabilité dans le processus d'investissement » .

     

    Si elles sont suffisamment ambitieuses, les approches d'investissement vert (ESG/Low Carbon) offrent des rendements ajustés au risque déjà meilleurs tout en réduisant l'intensité en CO2 du portefeuille.

     

    Les caisses de retraite sont appelées à entamer une voie de décarbonisation de leurs investissements en optant pour l’ESG.

     

    Le « Green Impact Investing » est également positif pour le climat, par exemple avec les « Green Bonds » et/ou les placements en infrastructures.

     

    Pour en savoir plus, consultez la présentation de l'Alliance climatique destinée aux caisses de pension sur le « Financial Case » en faveur des investissements durables et respectueux du climat : ici.

     

     

    Rôle de l'Engagement

     

    L' Alliance climatique considère le Investor Engagement (« Engagement ») des caisses de pension, c'est-à-dire la prise en charge de leur responsabilité en tant que copropriétaires des entreprises, comme un élément essentiel de leur responsabilité envers leurs bénéficiaires, leurs parties prenantes et la société. Ce principe d'actionnariat actif (en anglais Active Ownership ou Stewardship) aide les caisses de pension à aborder les risques ESG liés aux entreprises dans lesquelles elles investissent et à réduire ainsi ces risques pour leurs portefeuilles.

     

    L'actionnariat actif contribue également à améliorer la durabilité et le bénéfice social total de nombreuses entreprises. L'actionnariat actif est donc approprié pour une vaste gamme de secteurs et d’entreprises. Toutefois, une condition préalable à un Engagement ayant un impact est que les modèles économiques des entreprises offrent de bonnes perspectives d'amélioration continue de leur durabilité et de leur compatibilité climatique. Un aspect important de l'actionnariat actif est l'exercice des droits de vote. Si les activités d'Engagement et l'exercice des droits de vote sont cohérents, l'impact positif des deux instruments est renforcé.

     

    En général, un engagement efficace peut fournir aux investisseurs et aux prestataires de services de rating ESG une base de décision pour la gestion des risques. Notamment en ce qui concerne la compatibilité climatique, la décision finale revient à savoir s'il faut continuer à investir dans les sociétés en question, réduire leur poids dans le portefeuille ou vendre les titres. À cette fin, les entreprises doivent fournir des informations sur l'évolution projetée de leur impact climatique (intensité de CO2, risques climatiques du modèle économique).

     

    Dans le domaine plus restreint des secteurs industriels des énergies fossiles qui sont à très forte intensité de carbone - les producteurs de combustibles fossiles et les producteurs d'électricité qui en dépendent - l'Engagementet la décarbonisation du portefeuille (désinvestissement brun et investissement vert) devraient être examinés en combinaison. En fonction de l'évaluation des perspectives d'évolution du modèle d'entreprise vers une économie à faible intensité de carbone, les deux approches, l'Engagement et le désinvestissement, ainsi que leur combinaison intelligente, sont des options valables.

     

    D'une part, une vague mondiale de sorties de plus en plus puissante - avec des désinvestissements effectués ou annoncés - augmente la perception des risques climatiques dans le monde financier. Si de plus en plus d'acteurs du marché réduisent leurs investissements dans les entreprises d'énergie fossile, les ressources financières de ces dernières se raréfieront ; cela pourra déclencher un processus où elles devront elles-mêmes opter pour un démantèlement contrôlé - ou bien pour une restructuration verte, si elles réussissent à le faire à temps.

     

    D'autre part, un Engagement accompagné d‘une déclaration d'intention de sortie, qui est conditionné et cadencé par des jalons et des échéances, peut déclencher une poussée interne en faveur de changements qui réduisent l'intensité en CO2 de l'entreprise et contribuent ainsi à la décarbonisation du portefeuille ; plus le modèle économique - stratégie entrepreneuriale, communication de l'entreprise et plans d'investissement - laisse une place à un tournant vert, plus la probabilité de succès est élevée.

     

    Cependant, si l'Engagement reste le seul axe d'action, celui-ci comporte des risques, dont les caisses de pension devraient être conscientes. D'une part, si on mise trop longtemps sur l'effet de décarbonisation espéré de l'Engagement sans tenir compte de l'évolution de la valeur : les investissements exposés au carbone peuvent rapidement devenir illiquides et des pertes de valeur liées au climat se produisent. Si l'investisseur s'est retiré trop tard, il sera contraint de procéder à des amortissements. L'absence d'une vision du « Financial Case » en faveur des investissements durables et respectueux du climat bloque également la perception des nouvelles opportunités de performance de la transition énergétique.

     

    Le dialogue des actionnaires axé sur le climat apparaît comme particulièrement efficace pour les entreprises dont le potentiel de développement vers une orientation respectueuse du climat est donné par une réduction substantielle de leur empreinte CO2. Il s'agit d'entreprises du secteur des combustibles fossiles pour lesquelles les perspectives d'un ajustement rapide du modèle d'entreprise en fonction de la transition énergétique sont jugées bonnes. Ce n'est généralement pas le cas pour les entreprises du secteur de l'extraction du charbon et pour les entreprises de matières premières qui exploitent principalement du charbon, de sorte que le désinvestissement est une priorité. Dans le domaine des fournisseurs d'électricité, les entreprises fortement dépendantes des combustibles fossiles devraient faire l'objet d'un examen particulièrement attentif pour déterminer si un Engagement dans l'optique de l'Accord de Paris est réellement bénéfique. Pour les entreprises qui ont déjà une part importante d'énergies renouvelables, l'Engagement est le premier choix. Le désinvestissement, en revanche, est approprié pour les producteurs d'électricité qui dépendent principalement du charbon. La Recommandation 5 présente de plus amples informations sur les secteurs industriels dans lesquels un Engagement axé sur le climat apparaît bénéfique.

     

    Plus les risques CO2 des entreprises et de leurs chaînes de valeur en amont et en aval sont élevés, plus il faudra accorder d'importance à la formulation exacte des objectifs, à la rigueur, à l'efficacité et au contrôle de l'impact de l'Engagement. En l'absence de progrès, une sous-pondération progressive dans le portefeuille et, à terme, des délais de sortie devraient être fixés. Dans le cas des producteurs de charbon, de pétrole et de gaz naturel ainsi que des fournisseurs d'électricité fortement dépendants du charbon sans stratégie claire de décarbonisation et donc sans réorientation conséquente de leur modèle d'entreprise, le désinvestissement rapide devrait être considéré comme une priorité, surtout pour des raisons relatives aux risques.

     

    Pour en savoir plus, consultez la présentation de la position de l'Alliance climatique sur l'Engagement : ici

    Comment procéder

     

    L'Alliance climatique s'attend à ce que les caisses de pension conçoivent et mettent en œuvre une stratégie climatique et de durabilité basée sur les recommandations suivantes.

     

    Bien entendu, chaque caisse de pension détermine sa propre voie. Elle décide de la procédure appropriée et de la prioritisation optimale. L'ordre dans lequel les actions recommandées sont introduites peut varier.

     

    Des services de conseil et de mise en œuvre axés sur la durabilité sont déjà disponibles sur le marché. Des exemples se trouvent ici (« Best practice ») ou ici.

     

    Il est important que la caisse de pension, si elle travaille avec des consultants, vérifie leur compétence professionnelle ; celle-ci devrait inclure les dernières connaissances scientifiques en matière d'investissement durable :

     

    ● Les consultants doivent avoir conscience que leur fonction, qui consiste à superviser le respect par les responsables de l'institution de prévoyance de leur obligation fiduciaire de diligence, inclut également, selon l'avis juridique Niederer Kraft Frey (NKF), les risques et les opportunités climatiques.

     

    ● Ils doivent être désireux de faciliter de manière proactive les demandes de l'institution visant à évaluer les risques et les opportunités d'une transition vers des investissements durables et respectueux du climat par le biais de conseils financiers fondés sur la science. En effet, ils doivent être capables d'intégrer les dernières connaissances dans le domaine de la finance centrée sur l'ESG. De plus, ils devraient être en mesure de présenter l'ensemble des options et des approches de mise en œuvre possibles. Les consultants qui abordent la question de la durabilité de leur propre initiative sont au premier plan.

     

    ● Les consultants doivent reconnaître les Science Based Targets ; cette norme mondiale est fondée sur l'adhésion à des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fondés sur la science, conformément à l'Accord de Paris sur le changement climatique ; plus de 600 entreprises mondiales se sont déjà engagées à suivre une trajectoire cible ainsi définie, notamment des banques, des compagnies d'assurance et d'autres institutions financières. Les conseillers financiers devraient intégrer la même vision sociale dans leur travail concret de conseil aux caisses de pension.

     

    ● Enfin, ils devraient avoir un aperçu complet des dernières conclusions scientifiques sur la performance de l'investissement durable. Il est particulièrement important qu'ils aient connaissance des rendements ajustés au risque des portefeuilles axés sur la durabilité et la protection du climat par rapport à l'ensemble de l'univers d'investissement du marché. Ces portefeuilles ESG, comme mentionné ci-dessus, sont construits sur la base des données ESG des entreprises et de critères positifs tels que les approches Best-in-class. Exemples : ici (étude de MSCI sur l'ESG) et ici (étude de l'OFEV sur la performance et le changement climatique).

  • Ces recommandations sont à la base du rating climatique

    Le rating des caisses de pension de l'Alliance climatique est fondé sur les présentes recommandations.

     

    1. Le rating principal examine les mesures de décarbonisation effectivement réalisées.

     

    2. L'aspect complémentaire Tendance 2018-2020 reconnaît le progrès de la caisse de pension sur la voie d'une politique d'investissement durable et respectueuse du climat.

     

    Pour chacune des recommandations suivantes, il est précisé pour quel aspect leur réalisation est incluse dans le rating - le rating climatique proprement dit et/ou la Tendance 2018-2020 complémentaire.

     

    Si des premières étapes de décarbonisation ont été mises en œuvre (étape 4), ou si la caisse de pension a adopté une voie de décarbonisation compatible avec l'Accord de Paris (étape 7), celles-ci sont alors incluses dans le rating principal.

     

    Le degré de mise en œuvre respectif des étapes ci-dessous est inclus de manière pondérée dans le rating complémentaire Tendance 2018-2020:

    • l'étape 1 (Politique de durabilité/ESG) 
    • l'étape 2 (Principes de durabilité avec stratégie climatique)
    • l'étape 3 (Adhésion à des associations pour la durabilité)
    • l'étape 5 (Engagement ayant un impact sur le climat)
    • l'étape 6 (Mesure de l'empreinte carbone ou analyse de scénarios climatique)

    Il en va de même si une décarbonisation initiale ou plus poussée (étapes 4 et 7 respectivement) est en cours de conception ou même de planification.

     

    Pour chacune de ces étapes, la pondération de l'accomplissement dans le rating final est indiquée. Les différentes composantes sont additionnées pour le rating.

     

    Les détails du système de calcul sont disponibles sur demande auprès de l'Alliance climatique : ici ou ici.

  • Recommandations de l’Alliance climatique

     

    Le plan en 7 points pour la compatibilité climatique

     

    Situation : Février 2020

    Auteur: Sandro Leuenberger sandro.leuenberger@klima-allianz.ch

     

    Établir les principes de la politique de durabilité/ESG

     

    Déterminant pour l'aspect du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids: faible.

     

    Plusieurs institutions ont déjà adopté des règles générales qui introduisent les critères ESG (Environment, Social, Gouvernance) comme un facteur supplémentaire à côté des dimensions traditionnelles de la politique d'investissement (liquidité, sécurité et rendement).

    L'introduction de la durabilité sous la forme d'un principe ancré, par exemple, dans le règlement de placement est un point de départ pour la mise en œuvre conformément aux recommandations ci-dessous. Des définitions plus concrètes devraient être publiées, par exemple, dans une charte de durabilité ou au moyen d'un credo. Elles devraient être mises à la disposition du public sur le site web.

    Respecter l'Avis juridique NKF, intégrer une stratégie climatique dans la politique de durabilité

     

    Déterminant pour l'aspect du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids:

    • faible, une fois que des principes non contraignants ont été établis,
    • moyen, si une stratégie climatique est publiée sous forme de dispositions de mise en œuvre.

    Plusieurs caisses de pension ont déjà publié des déclarations et/ou démontré de facto, par des mesures initiales de décarbonisation, qu'elles incluent les risques climatiques dans leur obligation fiduciaire de diligence. La définition d'une stratégie ou d'une politique climatique devrait faire partie intégrante des dispositions publiées, par exemple d'une charte ou d'un credo détaillés sur la durabilité. Cela pose les bases de l'évolution

    future vers des mesures de décarbonisation qui découlent des conclusions de l’avis juridique Niederer Kraft Frey (NKF).

    Adhérer à des associations pour la durabilité

     

     

    Déterminant pour l'aspect du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids:

    • faible, dans le cas de participations auxquelles sont associés peu de propres engagements climatique,
    • moyen, dans le cas de participations qui déclenchent des activités de la caisse de pension pertinentes pour le climat, en particulier si l'engagement comprend un objectif de mesure des émissions de CO2 ou de décarbonisation du portefeuille

     

    L'adhésion à des associations telles qu'Ethos et Swiss Sustainable Finance est un élément important pour permettre aux responsables de placements de se faire une idée des enjeux ESG et d'acquérir le savoir-faire nécessaire à une stratégie durable et climatique.

     

    En signant les UN-Principles of Responsible Investing (UN-PRI), les caisses de pension et les gestionnaires de fortune s'engagent à étendre leur gouvernance et leur stratégie d'investissement pour y inclure les facteurs ESG et à faire rapport sur la manière dont ils/elles les mettent en œuvre. Cela constitue le point de départ d'un parcours vers l'application progressive des critères ESG.

     

    L'adhésion au Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC) est un signe que la caisse s‘engage pour la coopération globale et l'objectif d'une économie à faible émission de carbone. En tant que membre, elle est déterminée à faire en sorte que son obligation fiduciaire de diligence comprenne la prise en compte des risques climatiques ; elle reconnaît également la nécessité de minimiser les risques de perte inattendue de rentabilité et de valeur de marché des investissements, ce qui imposerait de procéder à des rectifications de valeur ( « stranded assets »).

     

    En participant à l'ETHOS Engagement Pool Suisse, à l'ETHOS Engagement Pool International ou à des prestataires de services externes équivalents, la caisse de pension réunit ses ressources avec d'autres investisseurs institutionnels afin d'exercer son influence en tant qu’actionnaire. Des entreprises sélectionnées qui ont reçu une mauvaise note selon les critères ESG sont encouragées à améliorer leur durabilité au moyen de lettres directes, de propositions et par le dialogue. Le meilleur exercice possible des droits de vote et le soutien de toutes les résolutions d'actionnaires favorables au climat lors des assemblées générales intensifient l'effet.

     

    Pour une caisse de pension, la participation au Montreal Carbon Pledge est d'un impact significatif sur le climat, car elle s'engage à mesurer régulièrement l'empreinte CO2 de ses portefeuilles.

     

    Des investisseurs pionniers (compagnies d'assurance, caisses de pension, banques), dont Swiss Re et Zurich Insurance Group, sont au cœur de l'initiative des Nations unies Net Zero Asset Owner Alliance : « The members of the Alliance commit to transitioning their investment portfolios to net-zero GHG emissions by 2050 consistent with a maximum temperature rise of 1.5°C above pre-industrial temperatures ». L'engagement des participant-e-s à rendre compte de l'avancement de la décarbonisation de leurs portefeuilles a un impact climatique significatif.

     

    L'adhésion à la Portfolio Decarbonisation Coalition, qui regroupe des investisseurs et des gestionnaires de fortune, est extraordinaire, car elle vise à générer une masse critique d'investisseurs - en particulier de caisses de pension - qui montreront l'exemple et décarboniseront successivement leurs portefeuilles d’investissement.

    Planifier, concevoir et mettre en œuvre les premières étapes de la décarbonisation du portefeuille

     

    Si elles sont planifiées et conçues, déterminantes pour l'aspect complémentaire du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids : moyen

    ___________________

     

    Si elles sont déjà mises en œuvre et communiquées publiquement, et si leur portée est suffisante, la classification principale est : ORANGE

     

    Un certain nombre de caisses de pension, qui représentent environ 30% du volume total des investissements des institutions de prévoyance suisses, ont au moins partiellement éliminé les entreprises du charbon (producteurs et/ou fournisseurs d’électricité). Une fondation de prévoyance a commencé à se concentrer sur le « Green Impact Investing » dans les placements alternatifs, décarbonisant ainsi également son portefeuille de titres. La caisse de pension pionnière durable LUPK a restructuré son portefeuille d'actions et d'obligations selon des normes de « Best practice », conformément aux critères ESG et donc également respectueux du climat. La fondation collective NEST est durable depuis longtemps et son empreinte carbone est également « Best practice ». Cela prouve la faisabilité de la décarbonisation du portefeuille tout en maintenant l'impératif de la diversification et de la conformité légale.

     

    Les gestionnaires de fortune et les fournisseurs de fonds doivent avoir une compréhension et des compétences de base pour investir sur la base de critères ESG et climatiques. Les caisses de pension ne devraient donc a priori sélectionner que des gestionnaires de fortune et des fournisseurs de fonds qui ont signé les UN-Principles of Responsible Investing (UN-PRI) ou qui ont une longue expérience de l'investissement selon les normes de Best Practice. Elles devraient exiger des gestionnaires de fortune et des fonds actuels l‘adhésion aux UN-PRI. Les gestionnaires de fortune et les fournisseurs de fonds s'engagent ainsi à étendre leur gouvernance et leur stratégie d'investissement pour y inclure les facteurs ESG et à rendre compte de la manière dont ils/elles les mettent en œuvre.

     

    Les gestionnaires d'actifs des segments d'investissement sélectionnés pour mettre en œuvre les premières étapes devraient recevoir des spécifications appropriées pour la décarbonisation ou des attentes concernant cet objectif devraient être exprimées. Des instructions pour des exclusions peuvent être appropriées, ou la détermination de benchmarks ESG ayant un impact sur le climat et/ou l'utilisation de produits financiers basés sur des indices ESG tels que la famille MSCI ESG Leaders. Dans le cas de la sélection de fonds, les données ESG et l'intensité en CO2 doivent être disponibles ou obtenues comme base de décision. L'analyse de CO2 devrait être basée non seulement sur les données collectées dans le scope 1 et 2, mais aussi sur le scope 3 (voir la recommandation 6 ci-dessous).

     

    Il apparaît judicieux d'inclure dès le départ un controlling comportant une mesure de l'intensité en CO2 du portefeuille conformément à la recommandation 6 (ci-dessous) ; cela inclut la fixation d'un benchmark CO2, par exemple la moyenne du marché mondial des différentes catégories d’actifs.

     

    Il devrait être veillé à ce que les Investment Controllers et les Investment Consultants apportent un soutien compétent et efficace à l'extension de l'obligation fiduciaire de diligence aux risques et opportunités climatiques dans le cadre de l'intention de décarbonisation. Vous trouverez plus d'informations à ce sujet sous « Comment procéder ».

     

    L'information prospective et transparente du public sur les mesures de réduction du CO2 prévues souligne le caractère sérieux de l'engagement de la caisse de pension en faveur de l'objectif d'une réduction progressive conformément à l'accord de Paris sur le climat.

    Exercice efficace du droit de vote et d'Engagement en faveur du climat, en particulier à l'étranger (secteurs dépendant des combustibles fossiles)

     

    Déterminant pour l'aspect du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids:

    • faible, dans le cas d'une participation positive à des initiatives d'investisseurs internationaux ayant un impact sur le climat et visant des secteurs industriels et/ou des entreprises ayant un impact sur le climat, ou qui appellent les gouvernements et les politiciens et politiciennes des États à introduire des réglementations ayant un impact sur le climat,
    • moyen, dans le cas où un engagement actif, collectif et tangible en faveur du climat est également réalisé par le biais d'une participation à des groupements d’investisseurs,
    • élevé, dans le cas d'un engagement collectif par le biais du dialogue des actionnaires et de l'exercice des droits de vote, dont les objectifs et les résultats sont communiqués de manière transparente et qui a un impact avéré sur le climat,
    • très élevé, dans le cas d'un engagement collectif, transparent et manifestement efficace sur le plan climatique, qui est renforcé par un engagement explicite de désinvestissement si le modèle d'entreprise n'est pas adapté.

     

    La participation en tant que soutien aux initiatives des investisseurs internationaux visant à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, telles que l'initiative Climate Action 100+, est une mesure simple et efficace pour promouvoir la décarbonisation des 100 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre parmi les entreprises mondiales. Le plan de cette puissante initiative des grands investisseurs mondiaux est de « travailler avec les entreprises dans lesquelles nous investissons pour s'assurer qu'elles minimisent et publient les risques, et qu'elles maximisent les opportunités offertes par le changement climatique et la politique climatique ». L'initiative demande aux entreprises une décarbonisation conforme à l'Accord de Paris par le biais d'une structure de gouvernance appropriée où la responsabilité des questions de changement climatique incombe au conseil d’administration. Les investisseurs s'attendent également un reporting transparent qui fournisse des informations sur les opportunités et les risques du modèle d'entreprise ainsi que sur les risques financiers liés au climat. Les informations devront être basées sur les recommandations du Task Force on Climate-related Financial Disclosures der G20 (TCFD). Cela devrait entraîner des changements d'attitude et fournir aux investisseurs une meilleure base pour leurs décisions d'investissement.

     

    La participation à l'Investor Decarbonization Initiative de ShareAction est également recommandée ; cette initiative d'engagement pour le climat vise à faire en sorte que les entreprises utilisent 100 % d'énergie renouvelable, augmentent leur efficacité énergétique et passent à la mobilité électrique.

     

    Enfin, la signature de la déclaration du Global Investor Statement to Governments on Climate Change envoie un signal fort aux gouvernements et aux responsables politiques de tous les pays. À ce jour, plus de 500 investisseurs mondiaux, dont de grands investisseurs institutionnels, demandent que des mesures efficaces soient prises en temps utile pour mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le changement climatique.

     

    L'actionnariat actif direct et effectif en Suisse et à l'étranger repose sur deux lignes d'action : l'Engagement (dialogue par lettres, demandes, appels téléphoniques et réunions physiques) et l'exercice du droit de vote. En tout cas, cet actionnariat actif est très important dans un large éventail de secteurs et d'entreprises. Toutefois, la condition est que le modèle d'entreprise des entreprises offre de bonnes perspectives d'amélioration significative et continue en termes de durabilité et de compatibilité climatique.

     

    En ce qui concerne l'objectif d'alignement de l'économie sur la trajectoire de 1,5°C, tel que défini dans l'Accord de Paris, l'Engagement est justifié pour les entreprises de tous les secteurs, à condition que leur modèle d'entreprise offre des perspectives de transition rapide vers la trajectoire climatique conforme à 1,5°C. L'essentiel est la réduction de l'empreinte CO2 de leurs propres activités ainsi que de la chaîne de valeur en amont et en aval. On trouve de bons exemples d'entreprises ayant un potentiel de développement dans les secteurs des fournisseurs d’électricité, des transports (routier, maritime, aérien), du ciment, de l'acier, des produits chimiques et de l'alimentation. Les institutions financières devraient également être incitées à réorienter leurs investissements et leurs financements de manière à respecter le climat.

     

    Dans le domaine plus restreint des secteurs industriels à forte intensité de CO2 - les producteurs de combustibles fossiles et les producteurs d'électricité qui en dépendent - si une décision de désinvestissement est jugée prématurée dans des cas spécifiques, l'Engagement devrait être pris avec une priorité et une cohérence particulièrement élevées.

     

    L'Engagement devrait être basé sur des objectifs clairs, en accord avec la trajectoire de 1,5°C, et sur la mesure de l'impact. Si le modèle d'entreprise n'est pas adapté, le désinvestissement s’impose pour des raisons de risque. En cas de défaillance manifeste, une sous-pondération progressive du portefeuille et/ou des délais de sortie clairs devraient être établis. Le fait qu'il ne soit pas contraire au principe de diversification de "ne plus investir dans les combustibles fossiles affectés par les risques climatiques" est explicitement assuré par l'avis juridique du cabinet d'avocats NKF.

     

    Pour ces industries présentant des risques CO2 élevés, des concepts appropriés de réallocation du portefeuille devraient être développés dès le début de l'Engagement, afin qu'un objectif de décarbonisation compatible avec l'Accord de Paris puisse être atteint. Des solutions sont notamment la sous-pondération progressive des secteurs et/ou des entreprises (ce qu'on appelle le « Worst- out »), la sélection « Best-in-class » ou l'évaluation et l'introduction d'indices respectueux du climat.

     

    L’Alliance climatique considère que le programme d'engagement pluriannuel de l''ETHOS Engagement Pool International, dans lequel huit compagnies d'électricité européennes sont appelées à adapter leur modèle d'entreprise pur se préparer à un avenir à faible émission de carbone, est efficace sur le plan climatique sous les aspects actuels des « Best Practice ». Un Engagement direct en reprenant certaines tâches dans le cadre de la Climate Action 100+, comme prévu par la BVK, est également un bon exemple.

     

    Pour plus d'informations, consultez la présentation « Combinaison de l‘Engagement et du désinvestissement » qui expose la position de l’Alliance Climatique sur l'Engagement.

     

    Dans le cadre de sa stratégie ESG et climatique, la caisse de pension devrait fournir des informations transparentes sur les résultats de sa participation et se consacrer à l'avance au désinvestissement en cas d’échec.

    Mesurer l'empreinte CO2 et/ou effectuer une analyse de scénarios climatique

    Déterminant pour l'aspect du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids:

    • faible, en cas d‘annonce que l'analyse est planifiée
    • moyen, si elle a déjà été effectuée, 
    • élevé, si le résultat publié comprend la mesure du Scope 3

     

    Pour une analyse de scénarios quantitative, qui détermine le « Climate Value at Risk » potentiel, Swiss Sustainable Finance fournit le guide Measuring Climate-related Risks in Investment Portfolios. Une liste des prestataires se trouve dans le tableau 3 à la page 8. Les caisses de pension disposent ainsi d'une base de décision sous la forme des pertes potentielles de valeur par secteur industriel et par entreprise dans leurs portefeuilles. Elles reçoivent également des informations sur les futurs potentiels de rendement (tels que les secteurs et les entreprises impliqués dans la transition verte vers les énergies renouvelables).

     

    La détermination de l'empreinte CO2 (intensité en CO2 du portefeuille) permet soit d'établir la situation actuelle comme référence et/ou de mesurer le succès des mesures déjà mises en œuvre par rapport à une référence de marché. Des exemples de prestataires de services compétents peuvent être trouvés ici et ici ; les deux incluent le Scope 3. Le caisses de pension durable NEST ainsi que la PKZH, qui s'est fixé un objectif climatique défini pour ses actions, montrent comment ça fonctionne.

     

    Pour les deux approches, l'évaluation de l'exposition devrait inclure toute la chaîne de valeur des entreprises, c'est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre du Scope 1, 2 et 3. L'inclusion du Scope 3 est particulièrement importante pour l'évaluation des risques financiers liés au climat. Seule cette méthode permet de relever les émissions des consommateurs en aval (c'est-à-dire en particulier la combustion de pétrole et de gaz dans l'industrie, les transports et les bâtiments) pour les producteurs de combustibles fossiles. Même si certaines lacunes en matière de données doivent encore être comblées par des estimations afin de déterminer le Scope 3, la publication de l'empreinte carbone sur la base des seuls Scope 1 et 2 n'est pas très adaptée à l'évaluation des risques financiers liés au climat.

    Planifier, communiquer et exécuter une décarbonisation du portefeuille basée sur une trajectoire de réduction compatible avec l'Accord de Paris

     

    Si planifiée et conçue, déterminante pour l'aspect complémentaire du rating : Tendance 2018-2020.

     

    Poids:

    • faible, dans les cas d'informations indiquant que des mesures de décarbonisation sont en cours de préparation sur le plan conceptuel,
    • moyen, dans le cas d'un objectif volontaire compréhensible et basé sur la mesure du CO2 - ou sur des données équivalentes - qui montre que la caisse de pension, avec son portefeuille d'actions OU d'obligations, est très bien placée, d'ici 2024, pour être sur une voie de décarbonisation compatible avec l'Accord de Paris ; à l’état actuel, l’Alliance climatique considère qu'une intensité maximale de CO2 de 30 % du benchmark respectif du marché mondial (base Scope 1, 2), c'est-à-dire 70 % de moins que le benchmark, ou 50 % du benchmark du marché mondial (avec Scope 3), est compatible avec l’Accord de Paris,
    • élevé, dans le cas d'un objectif volontaire compréhensible et basé sur la mesure du CO2, qui montre que la caisse de pension, avec son portefeuille d'actions ET d'obligations, est très bien placée, d'ici 2024, pour atteindre ou dépasser une intensité maximale de CO2 de 30 % du benchmark respectif du marché mondial (base Scope 1, 2), c'est-à-dire 70 % de moins que le benchmark, et est ainsi sur le chemin de devenir une caisse de pension « Best Practice »,
    • très élevé, si l'engagement volontaire susmentionné sur le portefeuille d'actions ET d'obligations est basé sur la mesure du CO2 et inclut le Scope 3, et si la caisse de pension peut atteindre ou dépasser l'objectif d'une intensité maximale de CO2 de 50 % du benchmark du marché mondial (basé sur les Scope 1, 2, 3), devenant ainsi un caisse de pension de « Best Practice ».
    ___________________
     

    Si d'autres mesures ont déjà été prises, mesurées et publiées, qui sont conformes à une voie de décarbonisation compatible avec l'Accord de Paris selon les « Best Practice », ou si la caisse de pension est durable et libre de fossiles depuis longtemps, la classification principale (décarbonisation) est : VERT

     

    La caisse de pension durable LUPK et la PKZH, qui s'est fixée un objectif climatique défini pour ses actions, se sont déjà engagées à réduire davantage l'intensité en CO2.

     

    Ce faisant, elles ont choisi une diversification intelligente, pondérée verte, au lieu de l'orientation classique au « Tracking Error » par rapport aux benchmarks conventionnels du marché exposés au climat.

     

    Tous les (sous-)secteurs et entreprises à forte intensité de carbone dont les perspectives de retournement du modèle économique ne sont pas données ne devraient pas être détenus dans le portefeuille (actions, obligations), ou tout au plus seulement temporairement. Les secteurs très sensibles ne devraient pas faire partie du portefeuille. Cela s'applique en particulier aux producteurs de charbon (y compris les industries extractives dont la part du charbon est supérieure à 5 %) et aux producteurs d'électricité dont la dépendance au charbon en tant que source d'énergie est supérieure à 5 %.

     

    Les gestionnaires d'investissement doivent avoir un haut niveau de compétence en matière d'investissement durable et respectueux du climat. Par conséquent, les caisses de pension ne devraient a priori sélectionner que des gestionnaires d'actifs et des fournisseurs de fonds qui ont signé les UN-Principles of Responsible Investing (UN-PRI) ou qui investissent depuis longtemps selon les normes de « Best Practice ». Des spécifications précises devraient leur être données pour la décarbonisation ou des attentes concernant cet objectif. Cela peut prendre la forme de benchmarks ESG ayant un impact sur le climat et/ou de l'utilisation de produits financiers basés sur des indices ESG tels que la famille MSCI ESG Leaders ou des critères de sélection équivalents (par exemple avec des approches positives telles que « Best-in-class »). Le controlling avec mesure de l'empreinte CO2 par des prestataires de services compétents (exemples ici et ici, qui incluent tous les deux le Scope 3) mesure le succès des gestionnaires d'investissement par rapport au benchmark CO2 de la moyenne du marché mondial des segments d'investissement respectifs.

     

    La sélection, les spécifications et le monitoring des gestionnaires de placement internes et externes devraient être révisés par catégorie ou segment d'actifs et ajustés si nécessaire.

     

    L’Alliance climatique classifie l'une ou les deux mesures suivantes, comme « Best Practice », avec la classification principale VERT :

    • la caisse de pension a documenté de manière compréhensible qu'elle atteindra très probablement, d'ici 2024, une intensité maximale en CO2 (sur la base des Scope 1, 2 et 3) de      50 % du benchmark du marché mondial respectif, voire plus, pour son portefeuille d'actions et d'obligations, 
    • la déclaration publique de ne pas investir dans les entreprises d'énergie fossile.

    L'information prospective et transparente du public sur l'engagement volontaire à suivre une trajectoire de réduction avec une mesure de la réduction dans un délai défini souligne la volonté de la caisse de pension de s'aligner sur les dispositions de mise en œuvre actuelles et futures de l'Accord de Paris sur le climat.

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